Ca faisait longtemps...

Publié le par Anarchivistiquement vôtre

Faut dire, je me suis demandée si ça valait le coup de continuer et d'imposer sur la toile mon point de vue de jeune archiviste. Pourquoi? Parce que finalement parfois, je me sens en décalage par rapport à certains autres collègues qui sont déjà bien installés dans leur poste et qui n'ont qu'un vision bien partielle du monde du travail. Effectivement, un jeune archiviste a un regard autre sur notre métier, de par ses recherches d'emploi, la veille qu'il effectue sur ces offres alors même qu'il en poste quelque part... Bref, notre métier est en pleine évolution, le marché du travail n'est que fouillis et on y dépend exclusivement de ce que veut donner comme priorité un patron (je parle pas de public, vous aurez remarqué...). Globalement, un patron croit en nos fonctions, il nous donne une bonne place ; un patron estime qu'on fait perdre de l'argent à un entreprise, il nous met en bas de la hiérarchie, nous met sur un siège éjectable et nous fait sauter à la moindre occasion... C'est simple comme mécanisme. Plus le patron croit en nous, plus notre travail est facilité. Plus le patron croit en nos fonctions, plus l'offre d'emploi qui fera paraître sera bonne. Cependant, combien d'archivistes à l'heure actuelle a conscience de ça ? Au lieu d'essayer d'expliquer au patron qui on est, chacun râle dans son coin ou dans tout le réseau pour dire que cela est infect, etc...  effectivement, je suis d'accord, c'est infect et ça me révolte aussi mais faut pas se leurrer, la plupart des jeunes archivistes que nous sommes sont pour la plupart blasés de voir ça ! C'est tellement habituel.
Un forum comme archives-fr où chacun prend le temps de s'exprimer nous démontre une chose, il y a un fossé, même plusieurs fossés entre nous tous... Tout d'abord, le fossé générationnel qui implique de nombreux autres fossés (chartistes / universitaires) (archiviste sur papier / archiviste sur nouvelles technologies avec nouvelles méthodologies, etc) ; et enfin, le fossé privé / public - celui là est conséquent, tous essaient de l'atténuer dans les débats mais il sera toujours là.
Notre métier se diversifie. Effectivement, nous ne sommes plus que des historiens (j'en suis un parfait exemple moi qui n'a jamais été bonne en histoire ; d'ailleurs ça me passait au dessus, la seule époque pour laquelle j'apprenais bien mes leçons, c'était le XXème siècle : les guerres mondiales, la guerre froide ; ensuite l'histoire industrielle à la fac m'a passionnée mais ça, c'est venu parce que je voulais être archiviste du privé et surtout pas du public, avant tout... donc ça m'a passionnée parce que ça m'était utile.)
Notre métier, désormais, est une spécialisation de la gestion d'information, tout comme les documentalistes, les bibliothécaires, les veilleurs... Nous pouvons parfois connaître les volets de la valorisation d'information, mais il faut bien être clair, c'est un autre métier, c'est de la communication ! Parfois même on valorise l'information dans le but de vendre, et là ça devient du marketing. A moins que vous ne pensiez que la communication ou le marketing fasse partie d'un grand domaine représentant les métiers de l'Information. J'aurais aimé faire un schéma, pour essayer de nous situer par rapport aux professions soeurs et aux autres professions cousines comme la com... Je dois y réfléchir pour l'avenir...
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Geneviève Le Blanc 21/11/2009 20:03


Je vous encourage vivement à perséverer. Justement pour montrer qu'il y a des jeunes (et moins jeunes) qui sont ouverts et dynamiques.
Bonne continuation.


agnès 12/11/2009 20:20


Des différences entre les archivistes... mais c'est justement ce qui est génial, non ?
Les personnes qui s'expriment sur archives.fr sont tj les mêmes et ne représentent pas l'avis de la profession, ou alors une vue très partielle dont on ne peut se contenter. On n'a pas tous le
temps ou l'envie d'écrire trois pages pour donner son avis... Comme toi avec ton blog... Je ne dis pas que ça ne sert à rien, attention ! (la preuve, je suis là)


J-D Zeller 07/11/2009 10:31


Bonjour,
J'avais commis un schéma un peu dans ce sens dans un article publié dans la revue Facette (sur la convergence des métiers de l'Infodoc).
Je ne sais comment le déposer sur votre bog, si vous me donnez votre adresse je vous le ferais parvenir.

A bientôt.


dhamard 05/11/2009 16:26


Etre archiviste conduit souvent à de profondes réflexions sur son métier, ses fonctions, ses envies... Mais les difficultés rencontrées ne doivent pas nous arrêter.
Pour ma part, la distinction privé/public n'est pas, il me semble, primordiale. C'est plutôt les fonctions qui nous sont confiées : en effet, un archiviste, responsable de la valorisation, n'a pas
le même travail qu'un archiviste en charge de la gestion des archives courantes.
Il est vrai que certains profils ont davantage une connotation publique ou privée mais néanmoins ce qui définit l'archiviste ce sont ses missions.
Par ailleurs, peut-être est-il préférable de parler DES métiers d'archiviste et non pas DU ? car en effet, les missions possibles sont tellement nombreuses, qu'elles tendent vers la spécialisation.
Pour autant, tous ces métiers s'articulent autour des archives.
Il ne faut pas baisser les bras et au contraire continuer à communiquer pour trouver les archivistes qui vous ressemblent !
Bon courage.