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Généralités sur les archives

Mercredi 21 juillet 3 21 /07 /Juil 09:12

 

Petit article pour répondre à l'article d'une collègue archiviste, qui se trouve à des centaines (presque 1000 même, je suis sûre) de kilomètres de moi et qui, elle, bosse dans le public. Cela dit, ça fait plaisir de voir que finalement, on a tous des anecdotes comme ça. [Article de cyber@rchiviste].

 

collectionneur bebe 02 c

 

Dans mon domaine, au delà de rencontrer des gens qui ont voulu "sauver" des archives, c'est surtout des collectionneurs qui viennent à ma rencontre ! Sans doute, l'avantage de travailler pour une marque d'un produit de grande consommation (alcool) ! Les produits de grande consommation (et l'alcool) rassemblent un grand nombre de collectionneurs, qui s'arrachent nombre d'objets publicitaires, de publicités de magazine, d'archives, d'étiquettes de bouteilles, etc...

Dans le cadre de ma mission de valorisation des archives, le contact avec les collectionneurs est pour moi important car dans mon fonds d'archives, j'ai malheureusement beaucoup de lacunes et Ebay et Delcampe sont vite devenus favoris dans mon Internet Explorer !

Beaucoup de collectionneurs me contactent aussi...

 

Mon anecdote la plus marquante :

Un homme, une soixantaine d'années, venu sur mon lieu de travail :  

" - Bonjour Madame, [j'ai déjà tant l'air d'une madame ?!] j'ai en ma possession un dossier d'une cinquantaine de correspondance diverse de votre entreprise datant des années 1860. C'est des lettres qu'on envoyait à votre entreprise pour diverses raisons. Et bon, je viens aujourd'hui vous les proposer à la vente, car, étant collectionneur de timbres, j'ai acheté cette correspondance dans une brocante, puis, j'ai pris tous les timbres que je voulais mais maintenant elles ne m'apportent que peu d'intérêt. Ne voulant pas les jeter comme ça, parce que bon, c'est quand même des papiers qui ont de la valeur [de par leur ancienneté !] , je me suis dit que je pourrais vous les vendre.

- Beh, ça dépend, vous estimez ces correspondances à combien ?

- Et vous en prendriez combien ?

- Ecoutez, monsieur, je ne veux pas m'avancer sur le prix de ces correspondances. Mais j'imagine que si vous venez là, c'est que vous avez déjà une idée du prix que vous en voulez... [Gneuhh, il va me répondre ! ...] 

- Et bien, comme je n'habite pas loin de Paris, je suis allé à l'hôtel Drouot faire estimer ces correspondances. Et bon, un commissaire priseur m'a dit que je pouvais en demander 400€/500€, dans la mesure où ce sont des documents uniques [évidemment, c'est de la correspondance]... Donc si vous n'en voulez pas ce prix là, je pense que j'essaierai de trouver un acheteur qui reconnaîtra l'importance de tels documents. [Il se fout de moi, je crois !!!]

- OK, monsieur, je vais donc décliner votre offre pour la simple et bonne raison que sur les 300 ml d'archives dont je dispose, ce genre de correspondances diverses (commandes, factures, candidatures pour devenir agents sans réponses, demandes de dons, et autres...) représente environ les 60% de mon fonds d'archives. Autant vous dire qu'une cinquantaine de lettres en plus ne nous apporteront pas grand chose dans l'interprétation de l'histoire de l'entreprise et de la marque. Evidemment, pour nous, ce serait bien de les avoir, mais 500€ ?! Mon budget ne me permet de dépenser 500€ ! Je suis vraiment désolée. Et ce n'est pas une question de ne pas reconnaître la valeur de ces documents, c'est une question que votre demande me paraît un peu démesurée. Je vais toutefois en parler à mes responsables pour savoir ce qu'ils en pensent. S'ils sont intéressés, je reviendrai vers vous et vous les achèterai. Mais n'espérez pas grand chose." 

 

Ensuite, je ne vous parle pas d'une dame qui veut me vendre des étiquettes de bouteilles à 15-20€ alors qu'elles ont été tirées à des milliers d'exemplaires, de certains qui osent vendre des objets pub à des prix exorbitants par rapport à ce qu'ils valent vraiment, si on peut vraiment les estimer [parfois, il m'arrive de voir sur Ebay 2 pichets identiques : l'un à 12€, l'autre à 30€ !], certains veulent procéder à des échanges : de la correspondance commerciale contre des enveloppes vides (ces gens sont intéressés par l'histoire philatélique : timbres + oblitérations), mais bon, je n'ai personnellement pas le temps de fouiller dans mes archives pour savoir ce qui l'intéresse ou pas et je n'ai pas tellement envie qu'un collectionneur fouille mon fonds d'archives : on sait jamais ce qui peut arriver !.

Finalement, je trouve les étrangers plus honnêtes. C'est ainsi que j'ai acheté à des américains, à des anglais et à des allemands, des verres, des cendriers à des prix dérisoires, finalement par rapport à ce qu'en aurait voulu un français... Il y a même un américain qui m'a offert lors de mon achat, des pubs de magazines qui auraient pu m'intéresser : Evidemment, ça ne vaut rien mais un français vend des pubs de magazines anciens à 5-10€ suivant l'ancienneté... 

 

Ma prochaine mission en contact avec un collectionneur : 

- Visiter le sous-sol d'un monsieur, ancien employé, environ 80ans, qui, lui, a "sauvé" objets pubs, pubs, archives, lors d'un déménagement de l'entreprise et voir ce qui m'intéresse vraiment.

Le problème, c'est que lui ne veut rien vendre, il veut faire étalage seulement de ce qu'il a pu garder...

Je vais donc essayer de voir si ce monsieur veut nous les léguer à son décès... Hum... Très délicat à mettre sur le tapis comme conversation ! :-D

 

Le collectionneur : une race à part. Il collectionne pour le plaisir, donne une valeur affective à des objets ou documents, essaie d'en donner une valeur pécuniaire, alors que ces documents et objets sont finalement difficilement estimables, tout dépend de l'intérêt qu'on leur porte. Cependant, les objets et documents de collections constituent un véritable marché parallèle, où tout s'achète et tout se vend. Sur Ebay ou Delcampe, les collectionneurs peuvent devenir de véritables commerçants quand on fait attention aux quantités d'objets qu'ils peuvent vendre parfois et ce, sans faire payer de TVA, sans payer les taxes que l'Etat demande aux commerçants... J'ai dû mal à comprendre ce milieu où tout commence par la passion, le loisir et où tout se monnaye, ensuite !

 

Publié dans : Généralités sur les archives
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Jeudi 24 juin 4 24 /06 /Juin 15:32

J'ai trouvé cet article sur les Echos. C'est un article qui date de 2004 et cela m'a fait pensé au colloque de Saint-Gobain, tenu le mois dernier : "La Mémoire d'entreprise, un outil au service du management"...

 

Personnellement,  archiviste versant plus du côté de l'entreprise que du public, j'aime beaucoup ce genre de discours... Evidemment, l'article ne parle pas de tous les aspects qu'on pourrait évoquer quant à l'histoire d'entreprise, quant à la gestion des archives dans une entreprise, mais bon c'est un article très intéressant tout de même !

 

http://archives.lesechos.fr/archives/2004/LesEchos/19079-61-ECH.htm, consulté le 24/06/10

 

 

"ART CULTURE - COMMUNICATION
COMPETENCES • MANAGEMENT
Les bons livres retraçant l'histoire d'une entreprise s'affirment comme des outils de management en livrant les clefs du succès et les raisons des échecs.

L'histoire d'entreprise, outil du manager

Les Echos n° 19079 du 23 Janvier 2004 • page 11

Qui se souvient que le moulin de Marcq, point de départ de Lesaffre, leader mondial de la levure, a été gagné aux cartes en 1863 par Louis Lesaffre ? Que la première auto sortie des usines Renault de Flins était une Juvaquatre ? Que la SGE, devenue Vinci, se distinguait dès les années 1910 par une politique sociale généreuse ? Anniversaire, fusion, déménagement, les entreprises ne manquent pas d'occasions de confier à un historien l'écriture d'un livre retraçant leur épopée. Si l'opération n'a rien de nouveau, les objectifs, eux, ont bien évolué. « L'histoire d'entreprise passe de plus en plus d'un outil de mémoire à un outil de management », explique Patrick Fridenson, professeur à l'EHESS et directeur de la revue « Entreprises et Histoire » (*).

A la mi-2003, Lesaffre voit ainsi dans l'édition d'un livre pour ses cent cinquante ans l'occasion de faire passer certains messages : « Depuis quinze ans, nous avons eu une forte croissance externe et avons aujourd'hui 7.000 salariés répartis dans 26 pays ; le livre transmet bien aux nouveaux nos valeurs et comment elles se sont construites », explique Bernard Poitrenaud, directeur communication de Lesaffre. Cette entreprise familiale a aussi voulu « montrer que malgré sa forte expansion, Lesaffre conserve un management à visage humain ». A cet effet, 60 salariés, de l'ouvrier au patron, ont été interviewés dans l'ouvrage, qui regorge de portraits d'employés. Le livre a même eu des vertus insoupçonnées : les commerciaux en ont fait un outil de prospection.
De son côté, L'Oréal a saisi l'intérêt de l'exercice en termes de motivation et d'entretien de la culture. A la sortie, l'an passé, du livre « Regards croisés sur dix ans d'apprentissage à L'Oréal », Jean-Marie Ladurée, le directeur des relations sociales, rappelait que, « bien sûr, c'est l'occasion de faire le bilan, rappeler la méthode et tracer les perspectives », mais, insistait-il, « c'est surtout un livre de coeur et de sens qui confirme que tout n'est pas l'acquisition des savoir-faire et leur mise en application, mais se trouve dans le domaine des relations humaines, du comportement, du management et de l'éthique ».

Un diagnostic managérial
« L'histoire permet de bien déterminer les "best practices" en analysant à posteriori les clefs du succès, qu'on lit moins bien dans le feu de l'action. Avec l'historien, apparaît la possibilité d'un diagnostic managérialrétrospectif », argue Patrick Fridenson. Et de citer l'exemple de Calor : rachetée au début des années 1980 par SEB, l'entreprise voit ses résultats chuter à la surprise générale ; c'est finalement le travail d'un historien qui mettra en lumière l'importance du caractère originaire familial de l'entreprise Calor dans sa bonne marche et convaincra SEB de lui laisser plus d'autonomie qu'à ses autres entités.« L'histoire est surtout utile pour la gestion des marques, notamment dans le luxe, car elle permet l'étude de leur valeur immatérielle, sentimentale, tout ce qui les lie profondémment au consommateur », insiste pour sa part Félix Torres, fondateur de Public Histoire et auteur de 150 histoires d'entreprises.
De son côté, Total fait actuellement réaliser une histoire de son activité gaz afin, selon Catherine Mallaval, historienne et fondatrice de Creapress, l'agence chargée du projet, « de comprendre la mise en place de la culture d'entreprise ». « Avec la hausse de l'externalisation, la mémoire organisationnelle s'étiole, entraînant des pertes de savoir-faire et de connaissances des coeurs de certains métiers. L'historien aide à y remédier », explique Eric Godelier, historien d'entreprise et professeur de gestion à Polytechnique. Attention cependant, « pour être un outil efficace d'apprentissage, l'histoire doit se montrer franche et décortiquer aussi les échecs », précise-t-il. Bic a ainsi invité Patrick Fridenson à revenir dans le cadre d'un séminaire sur l'échec de son parfum.

Arrangements avec le passé
Une plongée dans le passé peut également permettre d'apaiser certains remous bien présents. En 1997, Renault a fait réaliser par Creapress un ouvrage pour les quarante-cinq ans de l'usine de Flins. Alors que le groupe développait de nouvelles usines, les ouvriers s'inquiétaient de leur sort futur. « Le message en filigrane dans le livre était clair : Flins a toujours participé activement au développement de la marque, et cela va continuer », fait valoir Catherine Mallaval.

Autre exemple significatif : celui de l'organisme de crédit Sofinco, qui a fêté son demi-siècle en 2001. « Il y avait un début de tension entre les anciens et les nouveaux. Pour montrer que chacun a sa place et son rôle, on a fait intervenir dans le livre un maximum de collaborateurs de tous les niveaux hiérarchiques », décrit Jacques Chenivesse, responsable communication de Sofinco. Découpé en décennies, le livre se veut une radiographie des évolutions de la société française, vues à travers le rôle joué par le crédit dans l'accompagnement desdites transformations. « Cela revalorise le métier et rappelle à nos salariés qu'il faut bien analyser l'époque pour comprendre les attentes de nos clients », explique le responsable communication.

Comme le dit encore Catherine Mallaval, « les entreprises développent une réflexion plus en amont sur ces livres. Le briefing de départ évolue et elles insistent sur la mise en avant de leurs valeurs et de certaines dimensions RH, notamment l'international ».

L'outil est ainsi tendance pour arguer que les valeurs affichées sont le fruit d'une longue maturation et non un simple discours d'apparat. Quitte, parfois, à s'accorder quelques petits arrangements avec le passé. C'est là toute l'ambiguïté de l'exercice pour l'historien. « On rentre dans un magasin de porcelaine. Il y a forcément des jeux d'acteurs qui nous échappent », résume Patrick Fridenson.
Comment s'assure-t-il qu'il n'est pas instrumentalisé ? « Il faut le soutien affiché du président, un bon comité de pilotage qui vous ouvre toutes les portes et sans cesse questionne les hypothèses de travail, ainsi que des échanges réguliers avec la communauté scientifique pour mettre en perspective. Enfin, il n'est pas inutile de recueillir le point de vue des autres acteurs : les banques, voire les concurrents. »

On a souvent vu des ouvrages refusés par leurs commanditaires, furieux de voir ressortir certains cadavres des placards. Ou, à l'inverse, des ratés savamment mis en exergue. « Après la guerre, Henry Ford II a fait réaliser une histoire de Ford pour montrer que les méthodes de son grand-père, dont il prenait le fauteuil, étaient devenues inadaptées et que la passation des pouvoirs était donc justifiée ! », raconte Patrick Fridenson. A l'opposé, un grand patron japonais a récemment refusé un manuscrit... qu'il trouvait trop flatteur pour son prédécesseur.

DEREK PERROTTE
(*) Disponible aux éditions Eska. "
Publié dans : Généralités sur les archives
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Mercredi 4 novembre 3 04 /11 /Nov 20:21
Faut dire, je me suis demandée si ça valait le coup de continuer et d'imposer sur la toile mon point de vue de jeune archiviste. Pourquoi? Parce que finalement parfois, je me sens en décalage par rapport à certains autres collègues qui sont déjà bien installés dans leur poste et qui n'ont qu'un vision bien partielle du monde du travail. Effectivement, un jeune archiviste a un regard autre sur notre métier, de par ses recherches d'emploi, la veille qu'il effectue sur ces offres alors même qu'il en poste quelque part... Bref, notre métier est en pleine évolution, le marché du travail n'est que fouillis et on y dépend exclusivement de ce que veut donner comme priorité un patron (je parle pas de public, vous aurez remarqué...). Globalement, un patron croit en nos fonctions, il nous donne une bonne place ; un patron estime qu'on fait perdre de l'argent à un entreprise, il nous met en bas de la hiérarchie, nous met sur un siège éjectable et nous fait sauter à la moindre occasion... C'est simple comme mécanisme. Plus le patron croit en nous, plus notre travail est facilité. Plus le patron croit en nos fonctions, plus l'offre d'emploi qui fera paraître sera bonne. Cependant, combien d'archivistes à l'heure actuelle a conscience de ça ? Au lieu d'essayer d'expliquer au patron qui on est, chacun râle dans son coin ou dans tout le réseau pour dire que cela est infect, etc...  effectivement, je suis d'accord, c'est infect et ça me révolte aussi mais faut pas se leurrer, la plupart des jeunes archivistes que nous sommes sont pour la plupart blasés de voir ça ! C'est tellement habituel.
Un forum comme archives-fr où chacun prend le temps de s'exprimer nous démontre une chose, il y a un fossé, même plusieurs fossés entre nous tous... Tout d'abord, le fossé générationnel qui implique de nombreux autres fossés (chartistes / universitaires) (archiviste sur papier / archiviste sur nouvelles technologies avec nouvelles méthodologies, etc) ; et enfin, le fossé privé / public - celui là est conséquent, tous essaient de l'atténuer dans les débats mais il sera toujours là.
Notre métier se diversifie. Effectivement, nous ne sommes plus que des historiens (j'en suis un parfait exemple moi qui n'a jamais été bonne en histoire ; d'ailleurs ça me passait au dessus, la seule époque pour laquelle j'apprenais bien mes leçons, c'était le XXème siècle : les guerres mondiales, la guerre froide ; ensuite l'histoire industrielle à la fac m'a passionnée mais ça, c'est venu parce que je voulais être archiviste du privé et surtout pas du public, avant tout... donc ça m'a passionnée parce que ça m'était utile.)
Notre métier, désormais, est une spécialisation de la gestion d'information, tout comme les documentalistes, les bibliothécaires, les veilleurs... Nous pouvons parfois connaître les volets de la valorisation d'information, mais il faut bien être clair, c'est un autre métier, c'est de la communication ! Parfois même on valorise l'information dans le but de vendre, et là ça devient du marketing. A moins que vous ne pensiez que la communication ou le marketing fasse partie d'un grand domaine représentant les métiers de l'Information. J'aurais aimé faire un schéma, pour essayer de nous situer par rapport aux professions soeurs et aux autres professions cousines comme la com... Je dois y réfléchir pour l'avenir...
Publié dans : Généralités sur les archives
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Vendredi 15 mai 5 15 /05 /Mai 11:43

Pensons à ces pauvres petits allemands (XIXe / Début XXe) qui devaient apprendre la "Spitzschrift" rien que pour leur langue et un autre alphabet pour écrire les langues étrangères... 

Enfin pensons à nos collègues alsaciens et mosellans qi doivent maîtriser la Spitzschrift car j'imagine, elle ne doit pas tellement faciliter leur travail. 
 
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